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Niger : deux poids, deux mesures dans l'hommage aux soldats morts
Le Niger a offert, le 31 août 2026 à Niamey, des obsèques d'État à trois membres de la garde présidentielle tués lors de la tentative de coup d'État du 29 août. Un hommage solennel qui contraste avec l'inhumation expédiée des soldats tombés au front contre les jihadistes, révélant une hiérarchie des honneurs, dans un pays où l'insécurité n'a cessé de croître depuis 2023.
Obsèques d'État pour la garde présidentielle à Niamey Sur la base aérienne 101, la cérémonie a réuni le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, le ministre de la Défense, le chef d'état-major des armées, des membres du CNSP et le corps diplomatique. Les trois militaires (l'adjudant Illo Maihatchi et les soldats de 2e classe Yahaya Idrissa Zamnaou et Ousmane Haboule Hamissou) sont morts en défendant le régime lors du putsch avorté.
Une hiérarchie des honneurs entre le palais et le front Le contraste tient d'abord à la nature du combat. Les trois militaires inhumés en grande pompe appartenaient à la garde présidentielle : ils sont tombés en repoussant la mutinerie du 29 août, c'est-à-dire en défendant le siège du pouvoir : non le territoire, ni face aux jihadistes. Contre les groupes terroristes, ce sont d'autres qui paient le prix fort, sans le même retentissement. En juin 2026, l'attaque de la garnison d'Inates, dans le Tillabéri, a tué au moins 51 soldats, un bilan que des sources sécuritaires situent nettement plus haut. Leurs corps ont été inhumés sur place, deux jours plus tard, devant quelques gradés. Fin juillet, à N'Guigmi, dix-sept membres des forces de défense et de sécurité tombés « les armes à la main » face aux assaillants ont été enterrés localement, en présence du seul gouverneur de Diffa. Aucune de ces pertes n'a eu droit à une cérémonie nationale à Niamey. En décembre 2019, le même camp d'Inates avait déjà été frappé, faisant 71 morts. Le gouvernement civil de l'époque avait alors décrété trois jours de deuil national et reçu des chefs d'État venus rendre hommage aux soldats. Un traitement que la junte, elle, réserve aujourd'hui à sa garde, pas à ses combattants du front.
Sécurité au Niger : un bilan à rebours des promesses Depuis le putsch de juillet 2023, la promesse centrale du régime était le retour de la sécurité. Le constat est inverse : les morts liées à la violence jihadiste ont quadruplé, pour atteindre environ 1 655 sur la dernière année, et les victimes civiles ont plus que doublé par rapport aux quelque 770 morts de la présidence Bazoum. L'Africa Corps, présenté comme allié stratégique, s'est révélé efficace pour défendre le palais, beaucoup moins pour reconquérir le terrain.
À Niamey, on honore ceux qui ont sauvé le régime ; à Inates et à N'Guigmi, on enterre en silence ceux qui meurent pour le pays. Où va vraiment la priorité du pouvoir nigérien ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
- Rédaction, « Obsèques officielles de trois éléments de la Garde Présidentielle », Le Sahel, 31 août 2026
- « Inates 2026 : quand une base militaire nigérienne rejoue le même drame jihadiste », Perspectives Africaines, juillet 2026
- « Niger : le harcèlement de la junte par les groupes armés s'accentue », Fraternité Matin, 1er août 2026
- Centre d'études stratégiques de l'Afrique, « Dix tendances de sécurité en Afrique en 2025 », mars 2026
Obsèques d'État pour la garde présidentielle à Niamey Sur la base aérienne 101, la cérémonie a réuni le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, le ministre de la Défense, le chef d'état-major des armées, des membres du CNSP et le corps diplomatique. Les trois militaires (l'adjudant Illo Maihatchi et les soldats de 2e classe Yahaya Idrissa Zamnaou et Ousmane Haboule Hamissou) sont morts en défendant le régime lors du putsch avorté.
Une hiérarchie des honneurs entre le palais et le front Le contraste tient d'abord à la nature du combat. Les trois militaires inhumés en grande pompe appartenaient à la garde présidentielle : ils sont tombés en repoussant la mutinerie du 29 août, c'est-à-dire en défendant le siège du pouvoir : non le territoire, ni face aux jihadistes. Contre les groupes terroristes, ce sont d'autres qui paient le prix fort, sans le même retentissement. En juin 2026, l'attaque de la garnison d'Inates, dans le Tillabéri, a tué au moins 51 soldats, un bilan que des sources sécuritaires situent nettement plus haut. Leurs corps ont été inhumés sur place, deux jours plus tard, devant quelques gradés. Fin juillet, à N'Guigmi, dix-sept membres des forces de défense et de sécurité tombés « les armes à la main » face aux assaillants ont été enterrés localement, en présence du seul gouverneur de Diffa. Aucune de ces pertes n'a eu droit à une cérémonie nationale à Niamey. En décembre 2019, le même camp d'Inates avait déjà été frappé, faisant 71 morts. Le gouvernement civil de l'époque avait alors décrété trois jours de deuil national et reçu des chefs d'État venus rendre hommage aux soldats. Un traitement que la junte, elle, réserve aujourd'hui à sa garde, pas à ses combattants du front.
Sécurité au Niger : un bilan à rebours des promesses Depuis le putsch de juillet 2023, la promesse centrale du régime était le retour de la sécurité. Le constat est inverse : les morts liées à la violence jihadiste ont quadruplé, pour atteindre environ 1 655 sur la dernière année, et les victimes civiles ont plus que doublé par rapport aux quelque 770 morts de la présidence Bazoum. L'Africa Corps, présenté comme allié stratégique, s'est révélé efficace pour défendre le palais, beaucoup moins pour reconquérir le terrain.
À Niamey, on honore ceux qui ont sauvé le régime ; à Inates et à N'Guigmi, on enterre en silence ceux qui meurent pour le pays. Où va vraiment la priorité du pouvoir nigérien ?
F. Kouadio
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Sources :
- Rédaction, « Obsèques officielles de trois éléments de la Garde Présidentielle », Le Sahel, 31 août 2026
- « Inates 2026 : quand une base militaire nigérienne rejoue le même drame jihadiste », Perspectives Africaines, juillet 2026
- « Niger : le harcèlement de la junte par les groupes armés s'accentue », Fraternité Matin, 1er août 2026
- Centre d'études stratégiques de l'Afrique, « Dix tendances de sécurité en Afrique en 2025 », mars 2026
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